Reconstitution paléoenvironnementale d’une tourbière à palses du secteur de Kuujjuarapik | 2008 – 2011

Site d’étude : Kuujjuarapik

Responsable : Michelle Garneau (UQAM)

Étudiant.e.s gradué.e.s :

  • Alexandre Lamarre (M. Sc., UQAM)
  • Marilou Hayes (M. Sc., UQAM)

1. Développement d’une fonction de transfert au moyen des thécamoebiens et reconstitution des conditions paléoenvironnementales holocènes d’une tourbière à palses du secteur de Kuujjuarapik

Les changements climatiques en cours affectent particulièrement les écosystèmes des régions nordiques, dont les tourbières situées dans les secteurs à pergélisol continu et discontinu. Dans ce contexte, les modifications des conditions climatiques régionales peuvent perturber l’évolution des écosystèmes tourbeux et indirectement affecter leur bilan en carbone. Comme les changements climatiques actuels sont grandement attribuables aux contenus de l’atmosphère en gaz à effet de serre (GES) tel que le CO2 et le CH4, il devient important de mieux connaître l’influence du climat sur la dynamique des tourbières à pergélisol et sur le bilan de carbone dans ces milieux. 

L’objectif principal de ce projet de recherche est d’évaluer les effets des changements climatiques sur l’évolution des tourbières des régions à pergélisol discontinu par la reconstitution de la paléohydrologie d’une tourbière à palses du secteur de Kuujjuarapik sur la côte est de la baie d’Hudson.

Objectifs :

  1. Développer une fonction de transfert permettant d’inférer des valeurs d’élévation de la nappe phréatique pour les tourbières boréales et subarctiques à l’aide d’assemblages modernes de thécamoebiens provenant d’échantillons de tourbe de surface ;
  2. Reconstituer la chronologie des diverses phases de développement de la tourbière à palses par l’analyse des assemblages de thécamoebiens fossiles, de la composition de la tourbe et du contenu en carbone de deux profils de tourbeux.

2. Validation du signal δ18O dans la cellulose de bryophytes de tourbières comme indicateur paléoclimatique et son application dans la reconstitution paléoenvironnementale d’une tourbière à palses

La composition isotopique de l’oxygène dans la cellulose des sphaignes est étudiée depuis quelques années dans les sédiments tourbeux pour son potentiel paléoclimatique. Si le lien entre la composition isotopique de l’eau de source utilisée par la plante et celle de la cellulose est bien établi, la provenance de l’eau utilisée et l’effet de la microtopographie le sont moins. De plus, la relation entre la composition isotopique de l’oxygène de l’eau dans les tourbières et le climat est toujours incertaine. Le but de la présente recherche est de déterminer la provenance de l’eau utilisée par les bryophytes de différents biotopes de tourbières ombrotrophes et minérotrophes du Québec et de tenter de comprendre l’effet du climat (température et précipitation) sur la composition isotopique de l’oxygène de ces bryophytes.

Objectifs :

  1. Valider, à partir d’échantillons de surface modernes de mousses provenant de 16 tourbières au Québec, le potentiel climatique du δ18O de la cellulose des bryophytes dans les tourbières ;
  2. Effectuer une reconstitution paléoclimatique de la région de Kuujjuarapik à partir de la variation temporelle du signal δ18O de la cellulose des bryophytes dans une tourbière à palses.